Artistes

Report : Spinnup aux JIRAFE des Musiques Actuelles 2021

Cette semaine avait lieu à Paris les JIRAFE 2021. On vous arrête tout de suite, ce n’est pas le nom de l’animal mal orthographié, mais l’acronyme de Journées de l’Innovation, de la Répétition, de l’Accompagnement, de la Formation et de l’Enseignement. Trois journées de conférences, de speedmeeting et de discussions sur la filière Musique Actuelles. Rien que ça. Il en fallait pas plus pour que la team Spinnup s’y rende et vous fasse un petit debrief de ce qu’il s’est passé là-bas.

Jeudi 09 Septembre. Il est 11h. Noémie, notre responsable relations artistes et partenaires, met les pieds au FGO Barbara, haut lieu de l’émergence artistique à Paris, pour enchaîner les rendez-vous en speed meeting. Le soleil peine à pointer le bout de son nez, et pourtant, l’effervescence est bien présente. Pendant 1h30, les rendez-vous artistes s’enchaînent toutes les 15 minutes. C’est intense, mais super enrichissant : elle rencontre des artistes de tous univers et de niveaux de développement différents. Et même si 15 minutes, c’est du rapide, les conseils fusent, et les échanges sont fructueux.

 

Conférence Spinnup : stratégie de sortie & distribution digitale

Plus tard dans la journée, les conférences battent leur plein. Les copains de Groover par exemple, ont excellé à expliquer comment s’y prendre pour bien contacter les pros lors de leur conférence : “Comment faire la promotion de son projet auprès des médias & des pros en ligne en 2021 ?”. Et puis c’est à notre tour de prendre la parole sur le sujet de la stratégie de distribution digitale.

Nous sommes dans la salle de concert, initialement prévue pour une configuration live. Noémie et les intervenants prennent place sur la scène, autour d’un table installée pour l’occasion. Les lumières sont braquées sur eux, et dans la pénombre, les places assises se remplissent doucement mais sûrement, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une. Le logo Spinnup est projeté sur l’écran géant qui surplombe les intervenants : on peut commencer.

Noémie commence les présentations et annonce d’entrée de jeu : “On va parler de la stratégie de distribution en trois temps, l’avant, le pendant et l’après”, avant de laisser Iris Abatan se présenter. Elle est ancienne A&R chez Believe et travaille désormais pour Korner Music, tout en montant son média spécialisé à destination des artistes : Kingdom. Vient ensuite le tour de Robin Vincent, lui aussi A&R chez The Orchard, puis enfin Paul Lebrun, qui est RP indépendant.

Ce qu’on retient de la conférence ? C’est qu’il faut prendre plusieurs choses en compte avant de se lancer. D’abord, il faut établir sa marque selon Iris. Elle prend l’exemple de Coca ou de Redbull. On reconnaît leur code douleur sans même voir forcément voir leur nom. Il faut que ça soit pareil avec votre image. Robin lui, vient nuancer en expliquant qu’il faut tout de même pas se pervertir pour faire quelque chose qui marche, qu’il faut cultiver sa singularité. Paul vient lui ajouter, qu’avant de distribuer un son, il faut au moins en enregistrer 5. C’est essentiel pour pouvoir voir venir, et pour aussi apprendre à développer sa couleur musicale.

Ensuite une fois que tu as tout ça : tu dois choisir un agrégateur digital, comme Spinnup par exemple. C’est le moyen de mettre ta musique en ligne le plus facilement, sans avoir à démarcher des labels et des maisons de disques. Par curiosité, Noémie a demandé à ceux qui disposaient d’un manager ou d’une équipe de lever la main, et n’a obtenu que très peu de réponses. Ce qui a permis à Robin de faire un point sur le sujet : “c’est primordial d’être entouré : il vous faut un bras droit”, et à Paul de nuancer “c’est dur, mais c’est quand même possible quand on est seul”.

Après la distribution ? Il faut faire vivre le projet. Il faut en parler autour de soi, le faire vivre auprès de son réseau. L’entourage proche, mais pas que ! L’objectif, c’est de faire en sorte de rencontrer quelqu’un du milieu de la musique, et de lui parler de votre projet. Si le projet plaît, il y a de fortes chances qu’il vive de lui-même par la suite, sans vous. Le message va passer, le bouche à oreille va se faire. Pour favoriser le processus, il est conseillé de se rendre physiquement sur certains rendez-vous pro tels que le MaMA Festival, et de ne pas hésiter à solliciter des professionnels sur Instagram. Si vous avez un peu de budget, vous pouvez faire appel à des RP comme Paul, ou alors passer par Groover. Iris quant à elle, estime qu’il faut aussi allouer un budget à la promotion sur YouTube par exemple. C’est important pour être vu. Pour être crédible aussi.

 

Pour résumer : avant la distribution, pensez à bien déterminer votre couleur musicale, enregistrez 5 sons, et déterminez vos aspects visuels. Pour la distribution : choisissez un agrégateur digital ou démarchez des labels et maisons de disques. Ensuite, faites du réseau et de la promo pour faire vivre le projet.

 

 

Informer et démarcher son réseau pro, avec le studio des variétés

Vendredi 10 septembre. Jour 2. Il est 10h45, le soleil est de la partie, et le FGO Barbara est déjà en ébullition. On s’engouffre dans le hall et grimpe les escaliers vers le 1er étage. Une petite salle s’ouvre à nous, remplie elle aussi à sa capacité maximale. Olivier Bas, directeur artistique au Studio des Variétés, amorce une conversation autour du démarchage du réseau pro. C’est Marion Richeux, manageuse d’artistes, qui intervient. Avant d’entrer dans le vif du sujet, elle explique qu’il faut d’abord identifier 3 cercles différents :

  • – l’environnement artistique (techniciens sons, musiciens de live et de studios)
  • – l’environnement professionnel (Label (DA, chef de projet) éditeurs, managers)
  • – les médias (traditionnels, webzine, webradio…).

 

Attention quand on identifie ces personnes, à bien s’assurer que leurs affinités correspondent aux vôtres. Vous faites de la pop ? Ne perdez pas votre temps avec des spécialistes du métal. Une fois que vous êtes bien sûr de vous sur ces contacts, compilez-les dans un tableau Excel. Stalkez à fond ! Du photographe au booker, en passant par le graphiste, le manager, l’éditeur. Si vous pensez ne pas en avoir besoin à l’instant T de votre carrière, vous en aurez peut-être besoin à l’avenir. Et si vous voyez certains noms passer plusieurs fois dans votre radar, indiquez-le sur votre tableau, à l’aide d’une croix par exemple. Plus il y a d’occurrence, plus il y a de chances que ces personnes soient pertinentes.

Voilà, vous avec une belle base de données. Maintenant vient le temps de les contacter. Pour ça, plusieurs canaux s’offrent à vous. En ligne ? Faites une newsletter qui comporte un condensé d’infos vous concernant : Un logo, un nom, un visuel. 5 lignes sur le projet. Une actu (un concert, l’arrivée d’un titre), un lien linktree vers votre dossier de presse et votre musique. Vous êtes à l’aise à l’oral ? Écumez les concerts et autres rencontres pro pour vous présenter. Mais attention, ne soyez pas trop insistant, et ne restez pas trop longtemps avec la personne que vous visez.

La conférence se conclut. Applaudissement. La salle se vide. C’était la dernière conférence à laquelle nous pouvions assister, mais aux Jirafe du réseau MAP, il y en avait des tas des conférences. Alors si cette année vous n’aviez pas pu en être, un conseil pour l’année prochaine : foncez, on s’y croisera peut-être !