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Guide de l’enregistrement vocal par Abbey Road

On a la chance de travailler avec d’autres équipes d’Universal Music et ça inclut Abbey Road. Cet article a été écrit par nos amis des studios Abbey Road et publié sur leur blog avant d’être traduit pour vous !

 

Les enregistrements vocaux sont loin d’être une science exacte. Ça peut être très subjectif et dépend souvent du son que vous attendez de votre morceau. Et comme c’est parfois un peu impressionnant les premières fois, la team Abbey Road a réuni tous ses conseils dans cet article.

 

Se preparer et s’échauffer

Avant même de penser au choix et au placement du micro, c’est important de savoir comment optimiser votre enregistrement vocal. Vous devez vous assurer bien connaitre les mélodies, idées et avoir les paroles en tête. L’appli Topline par Abbey Road Studios vous aidera à enregistrer vos idées en un rien de temps mais permet aussi d’ajouter des paroles, des tags et images. Elle permet aussi de partager facilement et d’enregistrer sur votre cloud. En gros c’est la solution pour enregistrer une démo facilement – surtout quand on est coincé chez soi.

Choix du lieu : on pense souvent qu’il faut enregistrer la voix dans une pièce à part mais en réalité le plus important c’est d’être à l’aise. Une grande pièce avec du parquet peut très bien fonctionner pour du classique. Pour ce qui est du rock et pop, les ingénieurs chez Abbey Road Andrew Dundman et Gordon Davidson conseillent de minimiser l’écho par exemple en mettant des couettes, tapis et duvets dans la pièce et autour de votre micro. Ils préconisent aussi d’investir dans un casque fermé comme le berdynamic DTYY0 PRO par exemple.

Quand vous êtes prêt à vous enregistrer, garder de l’eau ou du thé à disposition pour que vos cordes vocales soient dans les meilleures conditions pour chanter. Pour avoir le meilleur résultat possible évitez de manger des produits laitiers et de fumer avant et pendant la session.

 

 Choisir le bon micro

Avec tous les micros qui existent comment savoir lesquels conviennent aux enregistrements vocaux ? L’idéal est d’en tester plusieurs pour voir ceux qui fonctionnent avec votre voix.

 

 Les micros les plus populaires et les diagrammes polaires

Micro condensateur :

Il capture plus de détails que le micro dynamique et est utilisé pour les sons plus subtiles. Le mouvement des ondes est traduit en signal électrique prêt à être amplifié. Ça peut être un très bon choix pour quelqu’un qui débute et veut enregistrer de la voix chez lui.

 Micro dynamique :

C’est le type de micro le plus utilisé. Il est moins sensible que le micro condensateur mais fonctionne très bien avec les fortes pressions. Il est robuste et son design permet de rejeter les sons qui viennent des autres cotés que le devant du micro. En plus, vous n’aurez pas besoin d’alimentation fantôme pour ce type de micro.

Micro ruban :

C’est un type de micro assez cher et fragile qui est bien moins utilisé. Ils utilisent un petit ruban de métal suspendu dans un champ magnétique qui détecte la pression sonore et converti le mouvement en signal électrique. Il permet de capturer des nuances de son plus précises provenant des différents côtés du micro.

Directivité et diagrammes polaires

Choisir le bon type de micro, c’est bien mais il faut aussi comprendre sa directivité pour l’utiliser correctement. La directivité correspond à la sensibilité du micro au son en fonction de la direction dont il provient. Par exemple, les micros utilisés en concert sont conçus pour être sensible à l’avant du micro et ne pas recevoir les sons de la foule. Comprendre cette directivité peut éviter les bruits parasites lors de l’enregistrement.

 

Votre premier micro

Un micro de type condensateur à membrane large est probablement le choix le plus polyvalent pour un premier micro. La membrane large est adaptée aux enregistrements vocaux mais aussi aux instruments acoustiques. Assurez-vous que votre interface audio a une alimentation fantôme, nécessaire au fonctionnement du micro condensateur. Simon Rhodes, lui aussi ingénieur à Abbey Road Studios, recommande le Shure SM58. D’après lui, il a un bon son et si vous êtes assez proche il ne captera pas les bruits parasites comme le ventilateur de l’ordinateur par exemple. Andrew Dudman ajoute que la plupart des micros ont un son plutôt bon de nos jours.

Voici d’autres exemples de micro :

Rode NT1A

sE Electronics sE2200a

AKG Project Studio P420

 

Le placement

Le bon micro ne vaut rien sans un bon placement. Alors si vous utilisez un micro condensateur comme le Rode RT1-A, il faut vous placer à 10-30 cm. Avec un micro comme le AKG C414, vous pouvez vous positionnez bien plus près. La distance minimale conseillée est en général de 15cm. Quand vous placez le micro, assurez-vous que la membrane est alignée avec votre bouche pour avoir le son le plus naturel possible. Un bon stand est nécessaire et vous permettra d’ajuster l’angle et la hauteur du micro. Gordon Davidson explique qu’il faut expérimenter différentes distances, plus particulièrement avec un micro condensateur, pour voir comment les fréquences réagissent.

C’est crucial d’utiliser un filtre anti pop car il créé une barrière entre le micro et vous pour filtrer le son. C’est aussi le moyen d’éviter que les chanteurs s’approchent trop du micro. Pas de panique si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser une matière fine comme les collants en attendant de pouvoir vous en procurer.

 

Traitement du son avec l’ingénieur Lewis Jones

L’ingénieur son Lewis Jones nous explique les fondamentaux du traitement de son. Tout d’abord, ça va dépendre de l’interprète, de la qualité de l’enregistrement et de la performance. Il faut toujours écouter la voix avec le reste du morceau pour qu’elle ressorte bien lors du mixage.

 

Tuner et dé-essser la voix

On commence par tuner la voix. Souvent, c’est un travail assez important qu’il faut réaliser avec le reste du morceau pour que le tout soit harmonieux. Le principal est de se débarrasser des fréquences basses pour purifier le son. On commence donc par enlever ces fréquences basses – mieux vaut trop que pas assez – et vous pouvez toujours revenir en arrière si vous en avez trop fait. Ensuite on va deeser la voix pour retirer le sifflement à l’aide de plugins.

 

Compression

La prochaine étape c’est la compression. Des fois, il peut être très intéressant de travailler avec deux compresseurs. C’est utile d’en utiliser un qui contrôle les hauts et harmonise le tout et puis d’en utiliser un autre et essayer d’obtenir un autre ton. Après, vous pouvez aussi faire ça dans votre séquenceur avec Clip Gain, un très bon outil à utiliser en parallèle des compresseurs.

 

 EQ, reverb et delay

On continue avec l’equalizer (EQ) pour retirer les fréquences moyennes qui sont un peu trop agressives. C’est une bonne idée de l’augmenter un peu pour entendre ce qui ressort trop, juste le temps de travailler dessus. Vous pouvez éventuellement utiliser un autre compresseur pour cette étape. Ensuite, le delay et reverb sont très importants pour intégrer la voix au reste du morceau. A vous de tester pour voir ce qui fonctionne le mieux car ça varie en fonction du titre.

 

Et voilà ! En espérant que ces bases vous soient utiles pour enregistrement de voix chez vous. Alors essayez de prendre ces points en compte pendant qu’on est tous coincés chez nous car c’est le moment parfait pour enregistrer votre prochain album !