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7 titres pour comprendre l’influence de la musique africaine

Le continent africain est d’une telle richesse culturelle, que ça ne pouvait évidemment que dépasser les frontières pour truster les charts du monde entier. Dans l’imaginaire commun occidental, la musique africaine est un tout. Mais en réalité, c’est bien plus complexe que ça, et les courants musicaux pullulent, n’ayant parfois rien à voir entre eux.

S’attarder sur chacun d’entre eux serait bien trop ambitieux en un article de blog, alors on a recensé pour vous sept fois où la musique africaine a fait irruption dans les musiques actuelles. Sept fois où l’énergie fédératrice du continent a soit influencé une œuvre grand public, soit tout simplement rayonné d’elle-même sur la scène internationale.

 

1° Magic System – 1er Gaou

On est en 1999. Les Magic System, groupe de chanteurs ivoiriens enchaînent quelques succès, mais aussi des échecs, en Côte d’Ivoire. Loin d’eux l’idée d’abandonner, ils s’enferment en studio pour créer 1er Gaou. Un titre qui, timidement, parviendra à devenir un très grand tube… en 2002. Parce qu’il faut au moins tout ce temps pour que le titre parvienne à entrer en radio. En effet, la plupart des programmateurs n’avaient absolument pas l’intention de faire entrer en rotation un titre qui ne correspond pas aux critères habituels.

La méconnaissance est telle à l’époque, qu’on raconte qu’un présentateur de Fun Radio a lancé le titre en expliquant adorer ce zouk antillais. Alors que les Magic System se revendiquent du genre Zouglou, ancré en Côte d’Ivoire. La suite, on la connaît, les Magic System connurent un très large succès avec “1er Gaou”.

 

2° Vampire Weekend – Cape Cod Kwassa Kwassa

Pour ce deuxième titre, notons cette fois l’influence de la musique africaine, et plus particulièrement sud-africaine, sur le groupe Vampire Weekend. Alors on aurait pu choisir n’importe quel autre titre, mais il nous fallait un exemple parlant, c’est ce qu’est : “Cape Cod Kwassa Kwassa”. Non pas forcément pour ses thèmes abordés, mais plus pour ses sonorités.

C’est le leader du groupe lui-même, qui revendique le fait de faire du “Upper West Side Soweto”. Upper West side pour le quartier de Manhattan, et Soweto pour le quartier pauvre en marge de Johannesburg.

 

3° Wizkid – Joro

“1er Gaou” s’était surtout fait connaître en France, on a ici un titre qui vient exploser sur la scène internationale. La scène nigériane a beaucoup fait parler d’elle ces 10 dernières années, chose dont Drake était bien conscient quand il est allé proposer une collaboration à Wizkid. Les 2 ensembles, ils feront les tubes One Dance et Come Closer. Deux bombes qui ont tout ravagé sur leur passage.

Avec Joro, Wizkid prouve qu’il n’a évidemment pas besoin de Drake pour briller à l’international. Par la même occasion, il rend un bel hommage à Fela Kuti, pape de l’afrobeat en reprenant les paroles du classique Zombie : “A joro, jara, joro”.

 

4° Fally Ipupa ft Booba – Kiname

Si Fally Ipupa a intégré le top 50 des Africains les plus influent selon Jeune Afrique en 2020, c’est pas uniquement parce qu’il est ambassadeur de l’Unicef, non, c’est aussi parce qu’il fait rayonner la rumba congolaise, le soukous (un des dérivés de la rumba congolaise) ou même l’afropop, dans le monde entier avec sa musique.

Avec ce featuring avec Booba, ce n’est ni une influence, ni une percée à proprement parler sur la scène mainstream, mais bien une rencontre entre deux géants dans leurs genres respectifs.

 

5° Burna Boy feat Chris Martin – Monsters You Made

En mars 2021, Burna Boy gagne le Grammy du meilleur album dans la catégorie musique du monde. Une titre plus que mérité tant son impact sur la musique actuelle est impressionnant : le chanteur nigérian collabore avec Justin Bieber, Beyoncé, les rappeurs anglais Stormzy et Dave… et bien d’autres encore.

Conscient de la tribune dont il dispose, il profite d’un featuring avec Chris Martin de Coldplay, pour montrer son engagement et diffuse en outro de la chanson, un extrait d’interview de l’écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo, qui se révolte de l’impact qu’ont les occidentaux sur l’Afrique.

 

6° MHD – Afro Trap part. 1

MHD mêle avec sa série de freestyles Afro Trap, des influences afropop et rap. C’est combo gagnant, puisqu’il crée une sonorité qui n’a pas encore été expérimentée. Ce style, très puissant, va propulser le rappeur de l’ombre à la lumière en un rien de temps. La recette est pourtant simple ? Une instru empruntée aux maîtres du hip-hop/afrobeat P-Square, un flow assez rapide et saccadé pour suivre la prod, et le tour est joué.

Aujourd’hui, les freestyles d’MHD ont donné son nom à un genre musical auquel pas mal d’artistes se sont adonnés : Aya Nakamura, Barack Adama (Sexion d’Assaut) ou encore Lartiste, tous présents sur la compilation AfroTrap Vol. 1.

 

7° Aya Nakamura feat Davido – Gang

Aya Nakamura n’a évidemment jamais hésité à revendiquer ses racines maliennes. Née à Bamako, elle a d’ailleurs participé à un concert sur place aux côtés de Davido en 2017. Difficile de savoir si l’idée d’un featuring est né à cette époque, en tout cas c’est avec lui qu’elle réalise le titre “Gang“. Davido est aujourd’hui une figure connue sur la scène internationale. Le rappeur d’origine nigériane est né à Atlanta, mais il se rapproche rapidement du Nigeria pour faire carrière.

 

Parler de musique afro en 7 titres n’a pas été simple, on aurait bien aimé parler des incontournables Amadou et Mariam, du jazz de Manu Di Bango ou encore de la house de Black Coffee. Mais on aurait fini par écrire un bouquin en trois tomes, digne des plus belles encyclopédies. Terminons quand même sur ce live d’un autre des pères fondateurs de l’afrobeat, Tony Allen, dans les locaux de Radio Nova.